L’enfance
Très peu de choses sont
dévoilées pendant très longtemps « Moi qui ne me souviens jamais d’un passé qui
m’importune… », puis le rideau se déchire brutalement
dans ses mémoires posthumes :
« Les enfants se taisent parce qu’on
refuse de les croire. Parce qu’on les soupçonne d’affabuler. Parce qu’ils ont
honte et qu’ils se sentent coupables.
Parce qu’ils ont peur […]
De ces humiliations infligées à l’enfance, de ces hautes
turbulences, de ces descentes au fond du fond, j’ai toujours ressurgi. Sûr il
m’a fallu un sacré goût de vivre, une sacrée envie d’être heureuse, une sacrée
volonté d’atteindre le plaisir dans les bras d’un homme, pour me sentir un jour
purifiée de tout, longtemps après… »
(Il était un piano noir - Barbara - 1998 Editions Fayard)
Alors elle n’en parlera pas, une manière
d’exorciser par la chanson, une thérapie, ou simplement la générosité d’une conscience
infinie du malheur des autres au point d’oublier sa propre souffrance « D’autres furent moins heureux je
crois au temps joli de leur enfance… »
(Mon enfance [Chanson]-1968 -Barbara/Barbara)
Tout juste pouvions-nous glaner quelques indices
aux détours de chansons plus énigmatiques :
«J’ai le souvenir d’une nuit, une nuit de
mon enfance toute pareille à celle-ci froide et lourde de silence […] Soudain
je me suis éveillée, il y avait une présence… »
(Au cœur de la nuit [chanson] 1967 – Barbara/Barbara)
Il y eu aussi la guerre et son lot de souffrance
(Il me revient [chanson] – 1996), les départs après dénonciations…, et de bon
souvenirs aussi. Cependant, ne rien dévoiler fut toujours sa philosophie.
«Il ne faut jamais revenir aux temps cachés
des souvenirs du temps béni de son enfance
Car parmi tous les souvenirs ceux de
l’enfance sont les pires, ceux de l’enfance nous déchirent […] Elle dort à jamais mon enfance…»
(Mon enfance [Chanson]-1968 -Barbara/Barbara)
